Cors
: Xavier Ianonne, Eric Rutschlé, Laurent Carré
Trompette
: Paul Millischer, Xavier Durand, Bernard Gautherin
Harpe
: Anne Bacqueyrisse
Percussions
: Bertrand Parisel
Orgue et
Direction : Benoit Tisserand
Présentation des
musiciens - Générique de fin du DVD "Orgue et
Orchestre"
Benoit
TISSERAND : Directeur
Artistique
Il débute ses études musicales à
l'âge de cinq ans avec Maurice et Madeleine Martenot.
Parallèlement aux études pianistiques il suit un cursus littéraire qui
le prépare aux concours des grandes écoles.
C’est alors qu’il se
découvre une passion pour l’orgue qui l’amènera à reprendre des études
pour devenir professionnel. C’est à Paris qu’il a bénéficié de
l’enseignement de Michel Jollivet et Gérard Letellier, dans les classes
desquels il a remporté les plus hautes récompenses. Il sera
aussi
marqué par la rencontre déterminante de maîtres tels que André Fleury,
Denise Launay, Pierre Vidal ou Jean-Jacques Laubry
dont il
créa en 1994 les variations pour orgue sur le choral « Herzlich tut
mich verlangen ».
Benoit Tisserand aux
grandes orgues de la Cathédrale de Lavaur
Il complète sa formation musicale
auprès de Claude Wantelez, de la claveciniste Olga Lorne Imperatori,
des pianistes Edson Elias et Fabrice Bourlet, du compositeur Jean-Marc
Singier et du chef de chœur Raphaël Passaquet.
Il se voit confié
plusieurs tribunes d’orgues avant de reprendre en avril 2006 les
claviers du grand orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale Saint Alain de
Lavaur dont il est à présent l’organiste titulaire. De 1991 à 1994 il
est organiste titulaire de l'orgue de choeur et suppléant du Grand
Orgue Oberthür de la Cathédrale d'Auxerre. De 1995 à 2005 il est Maître
de chapelle et titulaire du Grand Orgue de l'église St Pierre-St Paul
de Courbevoie.
Invité dans de nombreux Festivals, il joue
régulièrement comme soliste en France, Italie, Allemagne… En 2003 il
crée l'Ensemble AVED formé de musiciens professionnels avec lesquels il
se produit dans le répertoire concertant (Haendel, Mozart, Joseph et
Michel Haydn…) et sacré (Stabat Mater, Magnificat, Cantates,
oratorios…). L’ensemble AVED a donné des concerts dans des lieux
prestigieux comme le Palais Farnèse, la Salle Cortot, le château de
Vaux-le-Vicomte et travaille en étroite collaboration avec le quatuor
des Menus Plaisirs. Il crée en novembre 2006 l’Ensemble instrumental du
Pays de Cocagne formé de musiciens professionnels de la région
Midi-Pyrénées, avec lequel il défend la musique concertante et sacrée
de l’époque baroque aux contemporains. Cet ensemble a reçu l’aide à la
Diffusion de la Région Midi-Pyrénées.
Benoit Tisserand forme aussi avec Marion
Lepelletier un duo Alto et Orgue.
Il
est membre depuis plusieurs années de « l’Association Internationale de
Musique sacrée ». Passionné par la liturgie il a été pendant cinq ans
de 1995 à 2000 coordinateur des commissions d’orgue et de chant pour
l’évêché de Nanterre. Il met au point un répertoire destiné aux
paroisses, travail qui se fera en lien avec la responsable de la
maîtrise de Notre Dame de Paris Nicole Corti, l’hymnologue James
Lyon et le grand spécialiste italien du répertoire liturgique
Giordano Assandri. Sa connaissance de la facture d’orgue lui permet
d’intégrer diverses commissions où il défend une esthétique moderne et
novatrice de l’orgue au service d’une construction traditionnelle. Il
est chargé par l’ADDA du Tarn de l’expertise des instruments du
département et est président de la Fédération des orgues du Tarn.
C’est
en tant que Directeur artistique que Benoit Tisserand crée en 2003 le
Festival du Château du Barroux (Vaucluse) et en 2006 le Festival de
musique de Briatexte (Tarn).
Remarqué par ses professeurs, il
devient leur assistant pendant plusieurs années dans les Conservatoires
de la Ville de Paris où il enseignera, l'orgue, le piano et la
formation musicale. C’est dans cette même dynamique qu’il créera
successivement en 1999, une classe d'orgue au Centre Culturel de
Courbevoie et en 2005 l’école de musique de Briatexte (Association « Lo
Tustet »).
Il a aussi collaboré aux travaux de Rita Daubisse
et
Florence Chalot dont les recherches sur la musique et la surdité ont
été saluées au niveau international en composant la musique de
spectacles donnés par des enfants malentendants.
Jacques
BONVALLET : Violon Solo
Il
débute le violon
avec J.C. Abraham à l'Académie Prince Rainier III
de
Monaco. Il poursuit ses études au C.N.S.M.D. de Paris, dans
les
classes de S. Gazeau et J.C. Bernède et y remporte ses
premiers
prix de violon et de musique de chambre en 1990 et 1992. Il
poursuit ses études aux
Etats-Unis, avec P.Milewski, et S. Rosenberg au Aspen Music
Festival.
Il travaille
aussi avec R. Pasquier, S. Giorgiù, I. Arditti,
J.Ghestem et A. Poirier. Il joue en soliste sous la direction de
Lawrence Foster, Alain Louvier et François-Xavier
Roth, Benjamin
Levi.
Il se produit en
France, au Luxembourg, en Italie, en
Allemagne, en Croatie, au Japon avec notamment l'orchestre
J.F.
Paillard et l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo.
Comme
chambriste, il participe à de nombreux festivals :
Darmsdadt, Ars
Nova de Bruxelles, St Riquier, Festival de Musique Juive d'Odessa,
festival de Villaler, festival Musikalia... et s'associe à
de nombreux
artistes tel que Stéphanie-Marie Degand, Ami Flamer, Michel
Michalakakos, Isabelle Moretti, Henry Demarquette...
Avec le quatuor
Bartolby, il se produit au théâtre du
Châtelet dans une création
musicale de fred Frith en octobre 2002.
Sa passion pour
la musique et
sa soif d'échanges le pousse aussi à explorer de
nombreux autres
domaines artistiques. Titulaire du C.A. d'enseignement du violon,
il est professeur à l'Ecole
Nationale de Musique de
Bobigny.
Depuis 2004 il
est le violon solo de l’Ensemble AVED.
Objectifs de l’Ensemble
Cet
ensemble instrumental à géométrie variable ne cherche pas à reproduire
une image fidèle des formations instrumentales du passé. Il s’inspire
de l’équilibre sonore issu de l’orgue qui ne fut pas sans influences
sur la genèse de l’orchestre en l’adaptant à des instruments modernes.
L’orgue : le premier orchestre
Au
Moyen Age les grandes orgues de cathédrale étaient composées d’un
unique jeu appelé « Blockwerk ». On peut y voir l’origine du
premier orchestre puisque ce tutti était composé
d’harmoniques
choisies reposant sur leur fondamentale. Pour éviter que
l’harmonisation ne grimpe trop dans les rangs aigus des tuyaux et ne
devienne agressive, on eut l’idée de compenser cette acidité en
rajoutant des harmoniques graves (octaves et quintes) dans l’aigu et
des harmoniques élevées (octaves et quintes) dans le grave : c’est à
partir de jeux de 4 pieds ayant une tessiture moyenne que ces
renversements harmoniques ont créé une consistance sonore (il
ne
faut pas oublier que c’est toujours à partir du prestant de 4 pieds que
l’on accorde un orgue et que cette tessiture correspond dans
l’orchestre moderne à celle de l’alto).
Alors, d’une seule voix
purent naître une multiplicité de voix parallèles à la quinte ou à
l’octave qui n’étaient pas écrites sur la partition mais qui par le
choix de la registration appelée « Plein-Jeu ou Plenum » donnaient tout
son éclat et sa puissance à l’instrument (les trompettes et autres jeux
n’ajoutent pas de la puissance comme on pourrait le croire mais
seulement de la couleur). Je pense que ce « mélange » est à l’origine
du choix du nombre et de la tessiture des instruments des premiers
orchestres. Une preuve supplémentaire du lien entre l’orgue et
l’orchestre se voit dans l’usage des basses. En effet, l’orchestre
français classique repose sur une fondamentale correspondant au
violoncelle comme c’est le cas dans l’orgue français de la même époque
avec une basse de 8 pieds à la pédale. La contrebasse (correspondant au
16 pieds de l’orgue) était rarement utilisée puisque en 1750 l’Opéra
n’en avait qu’une seule qui ne jouait que les jours de gala. En
revanche, les orchestres allemands comportaient des
contrebasses
au même titre que les orgues avec des fondamentales en 16 pieds à la
pédale sur lesquelles reposait l’ensemble harmonique.
Naissance de l’orchestre de chambre
De
tous temps la musique d’ensemble a existé mais jusqu’à la fin du XVIème
siècle les effectifs restaient limités. A la Renaissance, on mélangeait
les instruments de manière hétéroclite et la musique vocale se
confondait avec la musique instrumentale qui en doublait les voix. Les
morceaux purement instrumentaux n’étaient que des transcriptions des
œuvres vocales. Seule, la musique de danse était confiée aux
instruments et était appréciée par tous, que ce soit lors des fêtes
villageoises où à la Cour du roi. On peut dire que le premier orchestre
au sens moderne du mot fit son apparition en France en 1555 avec la
première bande de violonistes italiens qui fit sensation et qui amènera
la Cour (Charles IX) a commander 12 petits violons, 12 grands violons,
6 altos et 8 violoncelles.
La Grande Bande créée en 1592 fut
reconnue officiellement en 1629 par le roi Louis XIII. la Bande des 24
violons du roi comptait 6 violons pour 12 altos (en réalité trois
parties distinctes avec 4 altos ou « haute-contre » de violon, 4 ténors
ou « tailles » de violon et 4 « quintes » de violon) et 6 violoncelles.
Il existait en Angleterre et en Allemagne des formations semblables. En
1730, Jean Sébastien Bach demandera au Conseil de Leipzig d’avoir pour
son orchestre les instruments à cordes suivants ; 4 ou 6 violons, 4
altos (divisés en deux parties), 2 violoncelles et une contrebasse.
Il est intéressant de noter le nombre important
d’instruments dits de Taille au sein de ces formations.
Il est même étonnant de voir un nombre d’altos
bien plus important ou égal au nombre des violons.
Un orchestre équilibré
Dans
l’Harmonie Universelle, Marin Mersenne s’enthousiasmera pour la
formation de Louis XIII : « Je viens maintenant aux concerts que l’on
peut faire de 500 violons différents, quoique 24 suffisent… » et plus
loin « ceux qui ont entendu les 24 violons du roi avouent qu’ils n’ont
jamais rien ouï de plus ravissant ou de plus puissant ». Ce témoignage
comme bien d’autres m’amène au constat suivant : il n’est pas
nécessaire de compter sur une formation instrumentale importante pour
faire sonner une œuvre avec puissance. Il faut mettre en valeur les
instruments qui tiennent les parties intermédiaires représentées
aujourd’hui par les altos ce qui garantira la cohésion des harmoniques
sans créer de rupture dans l’étagement sonore (ce qui revient par
comparaison avec l’orgue à supprimer ce qu’on nomme des « mélanges
creux »).
A titre d’exemple
Aujourd’hui les ensembles
baroques, nous ont habitué à privilégier en nombre les parties aiguës
au mépris du médium. Ceci est peut-être dû au souci de bien faire
entendre la mélodie jouée par des instruments baroques moins sonores
que leurs successeurs. Pourtant, cette conception de la mélodie
accompagnée est plus proche de l’époque classique que du baroque. Elle
annoncera d’ailleurs le déclin inéluctable de la basse continue. Les
basses étaient disséminées dans tout l’orchestre pour que chaque
instrumentiste puisse l’entende où qu’il soit (Voir Rousseau).
N’oublions pas que l’art polyphonique de l’époque médiévale dont un
Bach se souviendra organisait des contre chants autours d’une mélodie
jouée ou chantée à la voix de ténor avec une basse solide pour
l’accompagnement et des dessus qui faisaient office de fioritures.
Aujourd’hui, il nous faut réapprendre à être à l’écoute de voix que
l’on nomme intermédiaires (Bach ou Mozart aimaient à tenir
les
parties d’alto).
A l’époque baroque et classique, les sonates
d’église ainsi que de nombreux motets sacrés (cantates, Salve Regina,
messes brèves...) sont écrites pour deux violons et basse continue. Si
l’on regarde la partie des seconds violons, on remarque que le violon
est principalement utilisé dans la partie grave de son registre, cette
partie pourrait aisément être jouée à l’alto qui de par sa
taille
plus importante amènerait une rondeur et une assise que le violon ne
possède pas à ce degré.
En conclusion, la spécificité
instrumentale de cet Ensemble est donc de s’appuyer sur la conception
de l’étagement des harmoniques sur le Cantus Firmus au ténor que
l’orgue a développé dès l’époque médiévale. En effet l’orgue présente
un Plenum constitué d’harmoniques superposées dès le XIIIème siècle. A
l’époque Baroque (1600-1750) et Classique (1750-1800) la Basse continue
entretient cet agencement sonore où les parties intermédiaires doivent
ressortir tant sur le plan musical (frottements et dissonances)
qu’instrumental (importance du nombre d’altos ou d’instruments en
Taille).
Je m’inspire donc de cet étagement sonore que
l’orgue a
su merveilleusement développer au cours des siècles pour
équilibrer les instruments et orchestrer les œuvres à interpréter.
Ce qui donnera une formation instrumentale
originale avec 20 instrumentistes :